Comment pouvons-nous participer à la diversité du vivant ?


Biodiversité / mardi, mars 3rd, 2020

Face au déclin de la biodiversité et à la destruction de notre environnement, nous pensons souvent que nous ne pouvons rien faire à notre petit niveau de simple citoyen. Nous avons pourtant des moyens d’agir et de nous investir pour autant que l’on ait le souhait profond de protéger notre environnement. La biodiversité est l’affaire de tout le monde selon ses possibilités et sa motivation à s’investir dans cette mission d’utilité publique !

La situation peut paraître alarmante voire désespérante mais céder à ce désespoir ne sera pas très efficace pour enrayer ces phénomènes. Bien sûr il ne s’agit pas non plus d’être dans le déni : oui, ce sera insuffisant, partiel et cela représentera probablement une goutte d’eau dans la mer… C’est pourtant l’addition de toutes ces petites actions menées par des milliers, des millions d’hommes et de femmes qui permettra peut-être de réveiller certains esprits qui n’ont toujours pas pris conscience que la maison brûle. Il s’agit aussi de nous reconnecter à la terre qui nous porte, au vivant.

Célébrer le vivant autour de nous, l’accueillir, nous permet de nous sentir nous-même un peu plus vivant dans un quotidien de plus en plus dépourvu de sens commun.

1- Mais au fait, qu’est quoi exactement la biodiversité ?

Ce terme qualifie en fait une réalité toute simple que la civilisation humaine n’a eu de cesse depuis longtemps de tenter d’éluder : partout sur terre vit et s’anime une pluralité incroyable d’espèces vivantes, de la faune à la flore en passant évidemment par l’espèce humaine ! Cette diversité des êtres vivants, dans la différence et la multitude de couleurs, de formes, de comportements est la base même de la vie sur Terre. Nous avons cette chance inouïe de posséder une quantité infinie d’espèces (dont la nôtre), dont chacune possède des caractéristiques propres, une place et un rôle dans un système où tout est constamment en interaction.

Il ne peut y avoir de vie sans un minimum d’interactions avec d’autres espèces.

La vie à besoin d’être nourrie, reproduite et elle fait l’objet de chaînes d’actions indispensables entre les espèces comme les chaînes alimentaires, les coopérations, les entraides, les usages partagés et/ou complémentaires de ressources communes. La biodiversité c’est aussi par extension la pluralité et la différenciation des milieux naturels qui composent la planète. C’est ce que nous pouvons voir comme la mégafaune (les souris, les écureuils…), la macrofaune (les insectes, les larves…). C’est aussi ce que l’on ne peut pas voir ou seulement avec une loupe ou un microscope : la microfaune et les micro-organismes, la mésofaune (les acariens, les tiques…).

Grace à cette multitude génétique notre monde est incroyablement varié, riche, complexe, regardez seulement l’immense palette de paysages qui constitue nos territoires. Cet écosystème extrêmement ingénieux s’est vu absolument bouleversé ces derniers siècles par le bond vertigineux de l’activité humaine et ses révolutions agricoles, industrielles, technologiques et commerciales. Nous vous épargnons  la longue liste à la Prévert des causes d’extinction des espèces, les médias nous en parlent quasiment chaque semaine.

Nous ne prenons pas toujours conscience que certains de nos comportements comme notre propension à vouloir tout aseptiser, ordonner participe à la destruction du vivant et à sa perte de richesse. Nous avons tendance à décider quelle espèce à droit de cité dans nos jardins ou non, dans nos villes et nos villages, celles bonnes plutôt pour notre assiette que pour nos compagnonnages affectueux.

Nous cherchons beaucoup à éliminer ce qui « dépasse », nous voulons du « facile », du formaté. Nous pensons parfois qu’après tout,  ce n’est pas vraiment un drame qu’il y ait moins d’insectes dans nos jardins ou nos balcons.  Et que dire de ces taupes qui ont le culot de transformer notre beau gazon tout vert en champ de bataille ? !

2- A quoi sert la diversité du vivant ?

En tant qu’espèce vivante parmi les autres, notre humanité se doit de garder une place mesurée dans l’écosystème, c’est-à-dire faire preuve d’équilibre dans l’empreinte qu’elle inflige à l’environnement. Comme les autres espèces, nous avons besoin de la diversité du vivant parce qu’elle nous nourrit, nous soigne et participe à notre santé physique et mentale au même titre que l’air et l’eau dont nous sommes dépendants. Nous allons vous donner un petit exemple pour comprendre en quoi la diversité, la multitude génétique est bénéfique et utile à notre monde :

Imaginez que vous devez faire face à un problème de taille, complexe, personnellement ou professionnellement. Vous allez probablement finir par vous rendre compte que seul.e vous arrivez très vite à vos limites. Vous allez vous mettre à la recherche de personnes qui pourraient vous aider à lutter ou résoudre ce problème en apportant d’autres ressources que les vôtres. Peut-être allez-vous rechercher des individus plus de forts que vous physiquement, avec des compétences relationnelles plus efficaces, des connaissances techniques plus pointues ? En bref, seul.e ou avec des individus qui nous ressemblent exclusivement en tous points, nous sommes moins riche, moins complexe et donc plus démunis en ressources complémentaires pour affronter les difficultés.

C’est exactement pareil pour notre écosystème dans lequel nous avons notre rôle également ! L’humanité a tendance à penser être capable de se substituer à tout le vivant et n’avoir finalement pas vraiment besoin des autres espèces. Le partage est vite calculé : tout pour nous, les autres espèces au mieux vivront des restes, au pire elles seront vouées à disparaître. Mauvais calcul : les expériences ont montré que lorsqu’un écosystème était uniquement basé sur une seule espèce ou une seule ressource, son espérance de vie était très faible car beaucoup trop fragile et dépendante de l’arbitraire.

Ainsi, si vous plantez une seule catégorie d’arbustes pour faire votre haie, vous allez créer une haie particulièrement vulnérable car si un parasite vient à attaquer celle-ci, elle sera atteinte dans sa totalité. Si vous avez opté pour plusieurs espèces dans votre jardin, vous allez vous donner plus de chance de faire survivre votre haie. Encore plus si ces espèces sont adaptées à votre sol comme les espèces locales, elles résisteront et maintiendront votre haie solide. Il en est de même pour notre espèce ! Et vous l’avez peut-être compris mais du fait, les monocultures en forêt sont une forme d’aberration écologique car elles fragilisent les écosystèmes et participent à la baisse de la pluralité du vivant.

3- Quelques principes de base accessible à chacun.e !

Dans le jardin, sur le balcon ou la terrasse:

  • Végétalisez votre maison, votre balcon à commencer par votre sol : arrêter de tout bétonner et de rendre imperméable les sols. En période de canicule d’ailleurs vous remercierez les sols végétalisés ! Pourquoi pas envisagez de végétaliser un pan de mur ? Ajoutez une multitudes de potées fleuries au pied des façades, faîtes grimper des plantes comme le lierre, les hortensias grimpants, la vigne vierge, un rosier…
  • Soignez vos sols avec l’arrêt des pesticides et l’usage de produits écologiques
  • Diversifiez le paysage de votre jardin ou de votre terrasse, balcon (pensez aux besoins des animaux et insectes et ce qui pourraient leur donner ce qu’ils ont besoin : de fleurs mellifères, des haies appétissantes pour les oiseaux, des plante sauvages qui plaisent etc.

  • Laissez tranquille des bouts de terrain, semez des prairies fleuries et sauvages, laisser pousser des mauvaises herbes qui s’avèrent utiles à tout le monde même à vous car beaucoup sont comestibles et/u permettent de créer des purins etc.
  • Réhabilitez le lierre qui a mauvaise presse alors que utile pour des abris  pleins d’espaces et sur un arbre mort cela permet de conserver des troncs de manière esthétique et vertes (ds les tronc morts cavités et vieilles branches il a des abris, et de la nourriture pour plein de petits insectes.
  • Arrêtez les jardins à la française où rien ne dépasse avec des végétaux exotiques qui n’apportent rien ni à votre paysage local ni aux espèces locales qui se nourrissent, dessus.
  • Plantez des comestibles pour vous et tout le monde, un verger, des légumes !
  • Éviter les plantes venus d’ailleurs qui sont des espèces invasives
  • Diversifier la topographie et les substrats, les espèces et essences de bois, de fruits

Favoriser la vie et la circulation animale :

  • Installer gîtes, nichoirs et mangeoires, mares, petits abris de feuilles et de branche etc.
  • Installez un système de passage dans la haie de votre jardin avec celui de vos voisins
  • Construisez des hôtels à insectes
  • Offrez nourriture et boisson surtout même en hiver ! Avec une pierre au milieu pour permettre aux touts petits animaux de ne pas se noyer
  • Des mangeoires naturelles dans des vieilles souches pleines de cavités et de lichens
  • Sauver les oiseaux hérissons etc. en faisant attention à vos gestes voir pour cela les sites comme la LPO ou l’ASPAS.. Créer un refuge LPO
  • Attention aux chats, au chiens (grelots pour les chats, disposition en hauteur des nichoirs et mangeoires)
  • Neutraliser les pièges involontaires comme la cheminée (grille a trous assez large quand même pour pas boucher la cheminez), les baies vitrées, les trous d’où on ne peut sortir, les bassine d’eau dans lesquelles se noient les abeilles…

Des petits gestes tout simple !

  • Diminuer la pollution lumineuse
  • Jardinez et compostez
  • Fabrique des bombes à graine

Alors, est-ce que vous vous sentez prêt.e à changer quelques petits gestes simples pour favoriser toute cette belle diversité du vivant ? Comment faîtes-vous au quotidien ? Partagez vos conseils et vos astuces en venant faire un tour sur notre page Facebook ou Instagram.

Sarah C.

Aller plus loin…

Quelques livres :

Quelques sites web éclairants :

Des outils de connaissance :

Des chaînes Youtube intéressantes :

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